Espérer

La dixième édition de notre festival doit, par le choix de son thème, porter haut nos rencontres cinéma et réconciliation.

Parmi les trois vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité, s’il en est une au cœur de toutes les spiritualités c’est certainement l’espérance. Aussi avons-nous choisi pour thème de cette dixième édition : « Espérer ».

Le pape François a écrit : « L’espérance est une vertu considérée habituellement de second ordre. Nous ne croyons pas beaucoup à l’espérance: nous parlons de la foi et de la charité, mais l’espérance est un peu, comme le disait un écrivain français, la vertu humble, la servante des vertus; et nous ne la comprenons pas bien ».

Quel beau défi à relever que d’espérer contribuer à notre simple mesure mais ensemble et à travers l’aventure de nos journées cinématographiques à une meilleure compréhension de cette vertu.

Espérer suppose de ne pas être satisfait du présent que nous vivons, c’est à la fois ce constat d’échec qui marque l’attente d’un autre présent, d’un futur plus désirable et la croyance en la possibilité d’un monde meilleur .

L’espérance peut donc se présenter en trois actes : attendre, désirer et croire. Benoît XVI a écrit dans son encyclique : « Tout agir sérieux et droit de l’homme est espérance en acte ».

Si attendre peut faire figure d’acte très passif qui relève d’une injonction à ne rien faire c’est aussi un agir qui consiste à ne rien lâcher, à tenir, à rester sur les lieux, à résister à l’envie ou la tentation de fuir : comme l’on dit communément à quelqu’un ou de quelque chose qu’on l’attend de pied ferme. Attendre prend alors figure d’un acte de résistance face à une situation qui génère de l’inquiétude et de la souffrance, d’un agir pour mettre fin à ce que l’on juge inadmissible et insupportable afin qu’advienne ce que l’on désire.

Le désir est le moteur de l’espérance, il nous permet d’affronter le présent et de vouloir tendre vers un « à-venir » qui nous aimante, il est aspiration à combler ce qui manque et à vouloir réparer les imperfections d’un monde qui laisse à désirer. En ce sens le désir est un vouloir conscient qui a nécessairement souci et respect de l’autre .Il est aussi un besoin de l’âme qui est sensible à un appel, qui est confiance en l’humanité, en l’avenir, et en ce sens désirer c’est croire que l’on peut rendre possible plus d’amour et plus de justice.

Croire à un avenir qui mettrait fin aux famines, à la souffrance des populations déplacées et qui soit plus juste pour tous les humains. Croire que des choix responsables face aux menaces climatiques sont possibles et qu’ils préserveront une planète habitable pour les générations futures. Croire que l’humanité ne cédera pas aux tentations individualistes et qu’elle forme une communauté de partage. Que d’enjeux et de raisons d’espérer !

L’espérance est une vertu centrale qui croit en la charité, elle se nourrit d’une insatiable foi en l’homme, c’est un chemin de liberté :

„La liberté et l’espérance vont de pair: là où il n’y a pas d’espérance, il ne peut y avoir de liberté” Luc (6, 6-11).

Marc Konninkcx